« Un avortement n’efface pas le traumatisme du viol. »

Témoignage de Lianna Rebolledo

04.04.2025

Lianna Rebolledo, Screenshot YouTube

La Mexicaine Lianna Rebolledo a tenu un discours très émouvant lors du « Young Leaders Summit » de l'organisation pro-vie Live Action. Elle y évoqua le viol qu'elle a subi à l'âge de 12 ans, la grossesse qui en a résulté et les raisons pour lesquelles elle a décidé de ne pas avorter. 

Le « Young Leaders Summit » est un événement annuel organisé par Live Action, qui rassemble des personnes s'engageant pour les femmes enceintes en difficulté. Cette année, l'événement a eu lieu le 22 mars à Irvine, en Californie.

Lianna Rebolledo a abordé un sujet particulièrement délicat : la grossesse issue d'un viol. Elle parle en connaissance de cause, puisqu'à 12 ans, elle a elle-même été victime d'un viol ayant entraîné une grossesse.

Dans son intervention, elle raconte comment, après avoir quitté le Mexique pour les États-Unis, elle a été violemment agressée à Los Angeles par deux inconnus. L'ayant forcée à monter dans une voiture, ils l'ont violée avec une extrême brutalité, au point qu'elle fut persuadée qu'elle allait mourir. Les hommes ne se sont arrêtés que lorsqu'ils l'ont crue morte. Même si elle connaissait malhreusement déjà la violence à cause de son père alcoolique, ce viol était d'une toute autre nature : une violence mêlée à une profonde humiliation.

« Je faisais des cauchemars, je me sentais coupable, sans valeur, » confie Lianna Rebolledo. « Je ne voyais plus d’issue… et j’ai voulu mettre fin à mes jours. » Après une tentative de suicide par intoxication médicamenteuse, elle a été admise à l'hôpital. Et c'est là que le médecin lui a annoncé qu'elle était enceinte de 13 semaines. Quand il lui a conseillé d'avorter à cause du viol, elle est restée sans voix. Elle s'est demandé pourquoi il lui présentait l'avortement comme la seule issue possible, pourquoi il ne lui proposait aucune autre forme de soutien, et pourquoi il ne semblait même pas envisager qu'elle puisse, malgré les circonstances, garder le bébé et être heureuse. 

Lianna Rebolledo se souvient : « Je lui ai demandé : “Si j’avorte, est-ce que cela changera quelque chose à mon traumatisme ?” Il a répondu non. Puis je lui ai demandé : “Si j’avorte, est-ce que je pourrai à nouveau sortir sans avoir peur ?” Il a de nouveau répondu non. Alors je lui ai demandé : “Si j’avorte, est-ce que cela effacera le souvenir du viol ?” Là encore, il a répondu non. »

La jeune femme en a alors tiré cette conclusion : « Si je n’arrive déjà pas à surmonter le traumatisme du viol, comment pourrais-je surmonter l'avortement de mon propre enfant ? Après tout, l’avortement ne changerait rien à ce que j’ai subi, ni au traumatisme qui en est né. Au fond, l’avortement n’avait jamais vraiment été une option pour moi. Ce que j’espérais, c’était simplement un peu d’aide de la part du médecin… ce que je n’ai jamais reçu. »

Même si le médecin ne comprenait pas sa décision de garder le bébé, la jeune fille, âgée de seulement douze ans, est restée ferme : « C’est mon bébé, à moi et à personne d’autre. » C’était son enfant, sa chair, son sang. Elle se sentait très seule à cette époque-là, et savait qu’avec un bébé, elle ne le serait plus autant. Une question lui est également venue à l'esprit : pourquoi devrait-elle faire disparaître son enfant à cause d’un crime dont il n’était pas responsable ?

Lianna Rebolledo ne savait pas encore comment elle allait réussir à vivre sa vie d’adolescente avec un enfant, mais une chose était claire pour elle : « Ce petit être devait avoir une vie meilleure que la mienne. »

Quand le bébé est né — une petite fille prénommée Jeannette —, elle fut bouleversée : « En voyant son petit visage, j’ai su que cette toute petite personne était la lumière au bout du tunnel dont j’avais tant besoin. Et elle ne me rappelait pas mes agresseurs. Elle me rappelait que l’amour est plus fort que n’importe quelle violence. »

Même si la vie n'a pas été simple pour la jeune mère célibataire, alternant entre école et petits boulots, elle n’a jamais regretté sa décision de donner la vie à Jeannette. Sa fille a été le plus beau cadeau qu’elle ait jamais reçu. Jeannette est devenue une jeune femme attentionnée, serviable, et elle a elle-même soutenu des mères en détresse et leurs bébés. Elle est malheureusement décédée il y a quelques années, d’une tumeur au cerveau, à seulement 28 ans.

Malgré cette tragédie, Lianna Rebolledo n’a pas perdu goût à la vie. « Je me souviens que Jeannette me disait : “Relève-toi, sois courageuse et n’abandonne jamais.” »

« L’avortement est un business très lucratif, » affirme-t-elle en conclusion, « mais il devrait être interdit, et même après un viol. Ce ne sont pas les bébés innocents qu’il faut punir, ce sont les agresseurs. »

Aujourd’hui, Lianna Rebolledo est l’une des figures pro-vie les plus connues aux États-Unis. Depuis 2013, elle dirige sa propre ONG, Loving Life, qui s’engage non seulement contre l’avortement, mais aussi contre toute forme de violence.

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Commentaires

Wow - was für eine starke Frau und mit viel liebender Weisheit sie in ihr Leben zu zweit gestartet ist!

Ihre Gedanken sind wie ein Beruhigungstee in einer aufgehetzten, lebensverneinenden Welt.

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Wow. Danke für diese berührende Geschichte! ♥️🥹

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